Les vacances : un droit, un luxe ou un immense marché ?

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Depuis plusieurs jours, les médias s’intéressent beaucoup aux vacances. Mais de quoi parlent-t-ils ?

Du droit aux vacances pour tous ou de l’économie du tourisme qui fascine Fabius, le ministre des affaires étrangères ?

En 1998, Michelle Demessine, sénatrice communiste, à l’époque secrétaire d’Etat au Tourisme proposait d’inscrire dans la loi, le droit aux vacances pour tous. Elle expliquait alors que le droit aux vacances devait être un objectif concret de politique social et qu’il fallait mettre en place des actions concrètes pour favoriser particulièrement les vacances des enfants des familles défavorisées.

En 2000, sous l’impulsion de cette loi, 6 millions de Francs étaient attribués aux actions de vacances pour enfants défavorisés.

Aujourd’hui, près d’un enfant sur trois n’est jamais parti en vacances et toutes les enquêtes sociales annoncent que les vacances sont un facteur d’inégalités qui se développent très rapidement.

Cet été 2014, 58% de Français ont l’intention de partir en vacances, ce pourcentage chute de 4 points par rapport à 2013 et de 8 points par rapport à 2012. La plupart de ceux qui ne partent pas évoquent des raisons financières à cette décision.

Dans les Alpes-Maritimes, la période de vacances est vue comme une manne financière qui permet de faire le chiffre d’affaire de l’année. On voit les tarifs des restaurants augmenter, des tarifs de location saisonnière hallucinants.

Oui le tourisme est une économie importante dans notre département mais il ne peut pas être l’économie totalement exempte de loi. L’indispensable activité touristique de notre département ne doit pas servir de motif à la généralisation du travail du dimanche et doit respecter les droits du travail pour les employés saisonniers. Et de cela, on en est loin !

Les rapports du CRT Riviera Côte d’azur annoncent clairement la couleur dès la première phrase : « La Côte d’Azur a stabilisé sa fréquentation touristique en 2013 atteignant de nouveau les 11 millions de touristes français et étrangers … Il nous faut par contre viser la clientèle non européenne, plus dépensière »

Voici l’analyse de la crise sociale du Comité Régional du Tourisme, pas un mot sur les emplois créés, sur le logement des travailleurs saisonniers mais par contre la même cible que le ministre des affaires étrangères, les clients non-européens et en particulier chinois qui sont très dépensiers !

On voit bien comment nos sociétés peuvent utiliser un droit, celui aux vacances, comme un acteur de grande inégalité.

Cette société où tout est marché, monnaie, argent, l’idée de vacances comme un facteur de découverte, d’ouverture, d’aventure, de repos, de liberté, de casse avec les routines de la vie quotidienne peut paraître décalée et pourtant c’est bien la même société qui produit tant de souffrances au travail alors revendiquons le droit aux vacances pour tous comme un droit d’émancipation et de répartition des richesses.

Les vacances : un droit, un luxe ou un immense marché ?
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