Après le drame, ne tournons pas la page !

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Après le drame, ne tournons pas la page !

Suite aux rencontres que nous avons effectuées lundi avec Jean-Marc Coppola et Gérard Piel … rencontres faite sans journaliste, sans média, sans voyeurisme, je souhaite dès maintenant en tirer quelques enseignements majeurs .

Le premier est que, alerte orange ou rouge, rien n’y aurait fait. Cela parait être une polémique bien inutile. Ceux qui étaient chez eux n’auraient pas pu arrêter les vagues violentes qui ont envahi leur habitation. Par contre, il y a certainement une éducation aux risques à avoir. Dans ce cas-là, un souterrain, un sous-sol est un piège, seule la hauteur peut sauver des vies.

Le deuxième est évidemment l’urbanisation, le « modèle immobilier » de la Côte d’Azur mais aussi la construction des routes et autoroutes sans respect des écoulements d’eau. En effet, 30% de l’urbanisation de Cannes est en zone inondable, 26% Vallauris et 22% Biot. Cela, tout le monde le sait et pourtant des projets fous de bétonnage pour des grandes zones commerciales continuent. La première conséquence du bétonnage est évidemment le ruissellement des eaux au lieu de l’absorption et là le département a de sérieux problèmes. La polémique sur l’urbanisation ne doit surtout pas se traduire par des propos sectaires et délirants d’élus de droite comme Lucca, député-Maire de Villeneuve-Loubet ou Ciotti, président du Conseil Département qui accusent la loi SRU (obligation de 25% de logements sociaux) d’être coupables de cette urbanisation folle, loi qu’aucun élu de droite n’a jamais voulu respecter. Non, il y a besoin d’urbaniser autrement, en laissant des espaces d’absorption et en construisant la ville sur ville et ne pas étendre les zones de logements diffus. Il est évident que dans notre département, l’urbanisation folle est avant tout due à la spéculation immobilière voulue et favorisée par les élus de droite du littoral. Dans cette urbanisation outrancière, il y a aussi les milliers de logements vacants ou ceux qui sont habités quelques jours par an. Les principaux élus de notre département ont toujours préférés la spéculation immobilière à la réponse aux besoins humains ou aux risques climatiques !

Le troisième est la nécessité d’identifier les facteurs aggravants. Les vagues qui ont fait le plus de dégâts par leur violence et leur soudaineté proviennent certes de fleuves qui ont débordé de leur lit mais aussi d’un manque d’entretien régulier. La responsabilité est là, collective : propriétaires, collectivités, organismes publics … Beaucoup de dégâts aussi sont dus à des vallons « oubliés » ou passés sous silence pour des travaux autoroutiers à moindre coût. Des documents démontrent la dangerosité de ces vallons quand on les recouvre et que l’on fait semblant de croire qu’une buse fera le travail d’écoulement. (le journal y reviendra dans de prochains numéros)

Le quatrième est de répondre à l’urgence. Gérard Piel et moi avons demandé par courrier à Jean Leonetti la convocation d’un Conseil Communautaire pour débloquer des fonds d’urgence mais aussi pour réquisitionner des résidences de vacances et permettre le relogement des sinistrés. Il doit aussi impérativement s'installer de façon durable une cellule de « coordination et de suivi » pour permettre aux sinistrés de retrouver une vie « presque » normale.

Le cinquième est évidemment le réchauffement climatique. Il n’est pas question de simplement se poser la question : est-ce que cet évènement est un effet ou pas du réchauffement climatique ? C’est un fait violent qui risque de se reproduire. Alors les effets de com’ du COP21 vont faire « sourire » les sinistrés, la vraie question est bien de prendre des décisions d’aménagement du territoire qui prennent en compte les risques climatiques et cela ne peut pas être compatible avec les réductions de dépenses publiques ou l’affaiblissement des services publics.

Ne tournons pas la page de ce drame, soyons courageux et responsable pour prendre en compte la protection de l’environnement et de l’humain.

Cécile Dumas

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