Economie numérique

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Economie numérique

Ouvrons le débat pour comprendre la société

La société est en mouvement perpétuel et les partis politiques ne peuvent pas rester observateurs de ces mouvements. Ainsi, les communistes des Alpes-Maritimes veulent voir clair, comprendre, débattre et partager avec la population ces faits de société nouveaux comme la révolution numérique.

En une vingtaine d’années, internet a déjà radicalement transformé notre manière de communiquer et de travailler mais le numérique est amené grâce aux progrès scientifiques vers une nouvelle époque, celle de l’internet des objets.

Certaines études nous expliquent que d’ici 2020, nous disposerons de plus de 30 milliards d’objets connectés et présentent cela comme une nouvelle révolution industrielle.

Le numérique, au même titre que l’invention de l’électricité constitue un évènement qui va modifier les modèles en place aussi bien économiques que sociétaux.

D’ailleurs, c’est un sujet qui réunit beaucoup d’entrepreneurs et d’élus pour essayer de s’accaparer une nouvelle croissance, Estrosi en tête avec le fameux label French Tech qui l’a occupé toute la campagne des régionales.

Et oui, chaque révolution industrielle a été à l’origine de gains de productivité massifs et dans ces conditions mais aussi de profonde transformation du monde du salariat.

Un projet de Gauche ne peut pas rester à côté de ces questions ou avoir simplement envie d’adapter l’évolution du numérique à une économie au service du capital et pas du partage des richesses.

Des secteurs « traditionnels » tel que les transports, le tourisme, la banque, les assurances, l’hôtellerie ont déjà été largement « ubérisés », les prochains secteurs visés assez rapidement sont l’énergie, la santé, l’alimentation et l’éducation.

Il s’agit bien de parler du rôle du politique dans cette révolution et dans cette volonté de quelques-uns de modifier profondément le monde du salariat au profit d’indépendants coordonnés entre eux.

De la même manière, comment ne rien dire au sujet sur les incroyables accumulations de richesse des « gros » du numérique comme les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) ou MA (Microsoft, Alibaba) ou NATU (Netflix, AirBnb, Tesla, Uber) qui ont les moyens de présenter leurs services et leurs produits dans le monde entier sans payer d’impôts.

La révolution numérique est l’objet de toutes les convoitises et elle défie la politique, la démocratie représentative, l’organisation sociale mais aussi le vieux capitalisme industriel traditionnel basé sur le modèle de la propriété privée. La coopération et le partage des savoirs sont omniprésents et pourtant le capitalisme se nourrit de l’exploitation du bien commun numérique.

Par exemple, « uber » n’investit pas dans le stransports en France, « AirBnb » n’investit pas dans l’hôtellerie et le bâtiment, « google » ne crée pas de l’information… il s’agit d’un système un peu « passager clandestin » qui utilise des infrastructures existantes et des informations que chaque utilisateur leur donne.

Cette évolution implique donc une nouvelle définition de la lutte, comment les utilisateurs-contributeurs peuvent s’unir pour créer des coopératives de données par opposition aux énormes plateformes capitalistiques.

En effet, Uber, google… ne sont rien sans les utilisateurs-contributeurs.

La capacité, la volonté de créer ensemble et de partager dans l’espace numérique est un sujet extrêmement politique et la gauche doit y répondre en respectant cette évolution mais en refusant l’appât du gain de quelques-uns. Cette nouvelle révolution ne doit pas être confisquée pour l’accumulation de nouvelles richesses et de nouvelles inégalités.

Venez en débattre Mercredi 2 mars à Antibes avec Yann Le Pollotec, membre de la commission révolution numérique du PCF.

Cécile Dumas

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