8 mars, journée internationale du droit des femmes

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8 mars, journée internationale du droit des femmes

Aujourd'hui, mardi 8 mars tous les médias invitent des femmes sur leur plateau et pourtant ...

Voici l'article du Patriote N° 125 de cette semaine qui est le fruit de mes recherches de rapports divers et variés

Femmes et Médias

Malgré des obligations d’analyses et d’études du CSA (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel), malgré des créations d’Association « Pour les femmes dans les médias » ou des collectifs de femmes journalistes comme « Prenons la Une », les femmes sont toujours en minorité dans les médias.

Dans l’audiovisuelle, , la loi pour l’égalité réelle entre les hommes et les femmes du 5 août 2014 indique que le CSA doit assurer « le respect des droits des femmes et des hommes dans les programmes des services de communication audiovisuelle et d’autre part à l’image des femmes qui apparait dans ces programmes, notamment en luttant contre les stéréotypes, les préjugés sexistes et les images dégradantes ».

La réaction immédiate de quelques journalistes indéboulonnables n’était pas vraiment rassurante. En effet, Jean-Pierre Elkabbach expliquait fin 2014, que le CSA avait d’autres soucis que l’application de cet article de loi dans les médias.

Le constat de l’enquête mondiale réalisée par le GMMP (Global Média Monitoring Project) sur la présence des femmes dans les médias est lui aussi inquiétant, il montre le chemin à parcourir pour l’égalité Homme-Femme.

Cette étude mondiale réalisée tous les 5 ans mesure la présence des femmes dans les médias selon une rigoureuse méthode de comptage. En 2015, les femmes ne représentent que 24% des personnes dont il est question dans les nouvelles (presse, radio et télévision) dans le monde. C’est le même pourcentage en France, alors qu’elles représentaient 28,3% des personnes en 2010. La situation s’est donc dégradée dans notre paysage médiatique. Les femmes journalistes ne signaient ou ne reportaient qu’un tiers des nouvelles, lors de la période test, alors qu’elles représentent 46% des détenteurs d’une carte de presse.

La journée test prise en compte par le GMMP était dominée par deux actualités brûlantes en France qui ne justifiait pas la sous-représentation d’un genre : une catastrophe aérienne qui avait fait autant de victimes des deux sexes et une élection (départementale), paritaire pour la première fois. Les rôles attribués aux femmes étaient stéréotypés : des témoins, des citoyennes anonymes alors qu’elles ne représentaient que 17% des expertes en France. A titre d’exemple, en Amérique du Nord, elles représentent 32% des expertes.
Ce sont les mêmes mécanismes qui se reproduisent depuis le 13 novembre : les thématiques martiales autour de la défense, du terrorisme et de la sécurité sont l’occasion d’inviter les mêmes hommes politiques et experts connus, reconnus, voire trop connus. Systématiquement masculins, alors que de nombreuses femmes sont des spécialistes de ce sujet et que la police judiciaire est dirigée par une femme, par exemple. Mardi 17 novembre, tous les invités politiques des matinales télés et radios étaient des hommes).

Evidemment, ce type de sujet et de statistique ne fait jamais la Une des médias et ils sont même souvent mis au placard sous prétexte qu’il ne faut pas faire polémique, il y a des sujets plus graves !

Pour autant, une chercheuse en sciences de l’information et de la communication, Marlène Coulomb-Gully explique qu’il existe « une dissymétrie permanente dans le traitement des hommes et des femmes politiques ».

Et d’ailleurs pour être invité régulièrement en tant que femme politique il faut s’appeler Marine le Pen, Nathalie Kosciusko-Morizet, Najat Vallaud-Belkacem, Marisol Touraine ou Anne Hidalgo. Les autres ont bien du mal à percer le fameux plafond de verre.

Tout le monde s’accorde à dire que les médias ont un rôle structurant dans la vision de la société et donc de la représentation des hommes et des femmes, il est donc urgent d’agir pour le respect de l’article de la loi d’août 2014 et de rompre avec les stéréotypes.

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