Quel financement pour les festivals, pour la culture ?

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Article publié dans le patriote N° 131

Depuis quelques années, les festivals sont dans la tourmente. Beaucoup sont menacés avec la baisse des dotations aux collectivités, d’autres pratiquent la forte augmentation des tarifs d’entrée. Qui est le plus menacé, l’existence des festivals ou l’accès à la culture pour tous ?

Dans les Alpes-Maritimes, la saison des festivals va bientôt ouvrir et personne ne néglige l’importance économique de ces manifestations pour notre département. On connait l’impact sur la notoriété de la ville de Cannes des différents festivals, l’impact économique et touristique du festival de Jazz d’Antibes Juan-les-Pins tout comme Nuit du Sud à Vence …

D’ailleurs un rapport de l’IGF de décembre 2013 expliquait que la culture contribuait pour 3,2% à la richesse nationale et emploierait 670 000 personnes en France. Ce rapport faisait dire à Aurélie Filipetti, ministre du moment que « la culture contribue sept fois plus au PIB de la France que l’industrie automobile ».

Depuis ce lien entre économie et culture, le budget de l’Etat de la culture est un peu près stable mais l’Etat n’est en rien le premier financeur des festivals. En effet, l’Etat représente moins de 5% des financements des festivals et ne finance que 200 festivals actuellement alors que la France compterait plus de 2400 festivals de spectacles vivants et plus de 1600 festivals de musiques actuelles. Le premier contributeur des festivals est la région puis les communes et les départements et la réforme territoriale tout comme les baisses des dotations de l’Etat aux différentes collectivités territoriales (- 11 milliards sur 3 ans) fragilisent considérablement les financements des festivals.

En conséquence, les manifestations se sont « professionnalisées » au détriment du bénévolat pour accrocher des financements privés. La « chasse » aux mécènes et aux sponsors se développe et concerne maintenant les festivals de toutes tailles.

Dans les festivals, fleurissent des espaces VIP, des restaurants gastronomiques, des expositions de voiture…. Evidemment, les financeurs privés demandent d’accroître leur visibilité et obligent les organisateurs à plus d’évènementiels que de culturels. Les programmations prennent de moins en moins de risques et de moins en moins variées.

Cependant, malgré tous les efforts des organisateurs, malgré la loi Aillagon de 2003 de déduction fiscale de 60% des dons effectués à la culture, le financement privé ne comble pas le manque d’investissement public.

La conséquence de tout cela est l’augmentation du prix des places de tous les festivals 2016 dans notre département et donc une nouvelle réduction des droits à l’accès à la culture.

Devant cette nouvelle réalité, de nouveaux modes de financement sont expérimentés, le financement participatif facilité par l’ère numérique.

Est-ce que ce nouveau type de financement va permettre la baisse du prix des places et permettre un accès plus populaire aux spectacles ?

L’avenir le dira mais une chose est certaine, la gestion 100% privé des grandes salles de spectacles ou des stades a fait exploser le prix des places et a réduit le nombre de groupes qui peut se permettre d’accéder à ce type de lieu.

L’innovation, la création de projet, l’installation de nouvelle MJC du 21ème siècle pourraient relancer l’accès à la culture pour tous. Cela aussi est une bataille politique importante.

Cécile Dumas

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