Et la paix alors ?

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Et la paix alors ?

Voici mon texte publié dans le patriote, Ce texte a été écrit quelques jours après l'attentat de Nice et avant l'attentat de Kaboul.

Militons pour un monde de paix !

Le matin de ce 14 juillet, une matinée où l’on prend un peu le temps libre avec le petit déjeuner et la presse sur la terrasse, où l’on prépare le pique-nique pour aller en famille ou avec des amis sur la plage ou dans les forêts de pins à l’ombre, une journée calme qui commence bien.

Quelques minutes devant la télévision et le défilé à Paris, je me fais la réflexion « c’est incroyable, on dirait que le 14 juillet est devenu une fête militaire ou un moment d’exposition d’armes ». Se succèdent au micro tous les dirigeants des corps d’armée vantant les incroyables prouesses possibles des chars, des avions, des armes de l’armée française…

Il faut alors ouvrir la radio pour entendre un discours plus optimiste sur la paix, une émission qui s’intitulait « le pacifisme a-t-il encore une place dans ce monde ? » en présence de Roland Nivet, président du mouvement pour la paix.. Cette question posée, à midi sur une radio publique, prendra tout son sens le soir et malheureusement les médias ne la pose pas à la suite des différents attentats.

Personne, en se levant le matin du 14 juillet ne pouvait penser qu’un tel drame allait arriver à Nice le soir!

Aucun mot ne peuvent traduire à ce moment-là nos émotions, nos sentiments, nos colères. Un cri est parfois plus expressif que des mots quand on comprend que l’on vit une nuit de carnage.

On passe machinalement la nuit devant tablette et télévision pour prendre des nouvelles des amis et de la famille avant tout et pour essayer de comprendre.

Et là les médias en particulier les télévisions se comportent tout d’un coup en vautours, en requins de l’image choc, du témoignage, de la polémique politicienne avec des pseudos experts qui passent de plateau en plateau qui veulent mener l’enquête avant la police et les juges. Surfer sur la peur et le discours guerrier représente la certitude d’audimat pour ces voyeuristes de l’information.

Comment accepter que les médias et certains hommes politiques se prêtent complètement à cette idée de répandre la peur, la polémique, la répression et même un état de guerre !

Dès la première intervention le soir de drame, Christian Estrosi et Eric Ciotti accusent, divisent et polémiquent. Ils osent la facilité de ne trouver qu’un coupable, le gouvernement alors que depuis des années ils paradent en expliquant que Nice est la ville la plus sécurisée de France.

Quand on entend Guaino dire qu’il suffisait de mettre un militaire avec un lance-roquette à l’entrée de la promenade des anglais, on se dit que la proximité des élections présidentielles ne peut pas tout excuser. Je dis que ces hommes politiques sont dangereux pour une société malade comme la nôtre.

Quand j’entends l’extrême-droite utilisée les mots de « déclaration de guerre aux fondamentalistes islamiques », cela me fait froid dans le dos !

Après l’avalanche de telles médiocrités politiciennes, surfant sur la peur, la guerre, la colère, il n’est pas étonnant de voir un sondage IFOP demandé par le Figaro conclure qu’un farçais sur 2 considère la France en état de guerre et plus de 80% des français sont prêts à accepter davantage de contrôles et la limitation de leurs libertés.

Tout comme je ne supporte plus l’absence de remise en question de la politique internationale de ce gouvernement qui est incapable de poser une question essentielle : comment notre société, notre pays soi-disant si développé, si riche peut fabriquer de tel « monstre » capable d’acte aussi odieux ?

Tant que des responsables politiques et médiatiques n’auront comme horizons que les sondages ou les points d’audimat, l’hystérie remplacera l’analyse, la réflexion et l’espoir d’un monde meilleur.

Je me souviens de quelques petites phrases de Malala, la jeune pakistanaise, rescapée des talibans honorée du prix nobel de la paix en 2014 : « on peut lutter contre la guerre par le dialogue, la paix et l’éducation », « Les extrémistes, les terroristes craignent le livre et le stylo. Ils ont peur du changement et de l’égalité que nous apporterons à notre société ». Cette jeune fille est même allée dire à Barack Obama « arrêtez de combattre le terrorisme par la guerre et faites-le par l’éducation et l’instruction ».

Je me souviens aussi d’une phrase d’un autre prix nobel de la paix en 1964, Martin Luther King « La violence est aussi inefficace qu’immorale. Elle est inefficace parce qu’elle engendre un cycle infernal conduisant à l’anéantissement général »

Alors à quoi servent ce type de prix si le monde est incapable d’entendre de telles paroles.

Sommes-nous encore capables d’imposer ce débat sur la nécessité de paix et de repenser notre rapport au monde ?

Je ne néglige pas le besoin de sécurité et donc le besoin de policiers et Sarkozy devrait se calmer car c’est bien lui qui a supprimé des milliers de postes de policiers mais ce n’est qu’une petite partie de la réponse. La partie essentielle de la réponse est bien de construire la paix.

Quelles leçons avons-nous tirées d’Afghanistan, d’Irak et de Syrie. La France et d’autres pays sont capables de consacrer des milliards à la guerre avec des années d’opérations militaires à travers le monde mais combien sommes-nous capables de consacrer à l’installation de la paix.

Notre pays, l’Europe, le monde ont besoin d’humilité, de persévérance, de tolérance et d’obstination pour mondialiser la paix et le vivre ensemble.

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