A Gauche, ne nous trompons pas de débat !

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A Gauche, ne nous trompons pas de débat !

Je n'ai jamais agité la toile avant les débats nationaux de mon parti mais surtout je n'ai jamais cherché à verser tout un tas d'invectives sur tel ou tel candidat potentiel qui pourrait s'annoncer de Gauche.Je n'ai jamais participé à la caricature de l'avis des autres.

Ce soir, je veux simplement dire qu'il faut continuer à vouloir rassembler toutes celles et ceux qui peuvent défendre un pacte de gauche contre l'austérité, contre la haine et la division de notre société pour éviter un quinquennat de droite et en cela je regrette toutes les communications qui ne partent pas de cette réalité.

Je m'attache tous les jours à travailler sur des idées fixes de solidarité, de justice sociale et d'égalité sans me focaliser sur les présidentielles. Je souhaite que nous soyons capable de faire campagne pour quelque chose et pas seulement pour quelqu'un. Je continue à rencontrer des tas de gens qui ont besoin d'élus communistes, progressistes et le travail ne manque pas dans notre département au sujet de l'aménagement du territoire, du logement, de l'économie, de l'accueil des réfugiés, des inégalités. Ces gens veulent utiliser le mot Gauche et veulent voter à Gauche comme ils le disent. A nous d'en donner une définition claire.

Alors je vous livre ce soir mon début de travail sur le programme de la droite. On ne pourra pas dire que nous n'étions pas au courant.

 

Le programme de la Droite : une casse sans précédent !

Les primaires de la Droite et du Centre auront lieu les 20 et 27 novembre. Tous les observateurs s’accordent à dire que peu de choses les différencient et en particulier concernant le programme économique. Tous s’inspirent considérablement du texte programme voté au début de l’été 2016 par le Conseil National de LR.

Ce texte décline très précisément une « autre » vision de la France qui part d’un thème central expliquant que « notre modèle social est le plus généreux des pays de l’OCDE mais ce modèle social est à bout de souffle et surtout plus adapté au monde que nous vivons ». Tout ce texte de 374 pages déclinés en 189 items débute par des éléments de contexte avec un constat souvent très pessimiste et très « décliniste » avec des termes du style « La parole de la France subit un affaiblissement fort dommageable » pour permettre ensuite de présenter un programme en rupture totale. Il suffit de constater l’ordre des priorités des questions traitées : le chapitre de l’immigration est placé avant celui de l’emploi, tout comme la protection sociale arrive dans le deuxième tiers des priorités loin après la sécurité et la défense et un sort tout particulier est réservé à la fonction publique avec une volonté pas vraiment cachée de faire disparaître le statut de fonctionnaire. Pour le projet LR, la fonction publique est avant tout vue comme une variable d’ajustement des dépenses publiques, elle est vue comme un coût et la notion de services publics n’est pas vraiment abordée ou alors en expliquant que les services publics peuvent être rendus par des salariés en contrat de droit privé.

Observons d’un peu plus près quelques domaines particuliers.

Au sujet de la fiscalité, tous sont d’accord pour supprimer l’ISF (Impôt sur la Fortune). Nicolas Sarkozy est certainement celui qui fait le plus de promesse à ce sujet, il parle de « contre-choc fiscal » avec une baisse de 10% de l’impôt sur le revenu pour les particuliers, des baisses importantes de cotisations sociales avec le discours habituel sur le coût du travail. Alain Juppé, lui ne chiffre pas mais veut aussi une forte réduction des impôts. La hausse de TVA est abordée par quelques candidats mais avec une certaine discrétion.

En revanche, pas un mot sur la lutte contre l’évasion fiscale et les réformes de fiscalité ne sont pas appliquées aux discours de réponses aux besoins de la population mais dans un paragraphe de réduction des dépenses publiques. Et là aucune modération de la part d’aucun candidat.

Ils sont tous d’accord pour couper drastiquement dans les dépenses publiques, entre 85 et 110 milliards d'euros. Ce qui ne passe pas par mille chemins : diminuer le nombre de fonctionnaires et les faire travailler plus longtemps.

Tous annoncent la suppression de 250 à 300 000 postes dans la fonction publique, Bruno La Maire va jusqu’à la suppression  de la garantie de l’emploi à vie et beaucoup préfèrent l’emploi de contractuel à des fonctionnaires.

Au sujet de l’emploi, tous disent qu’il faut aller plus loin que la loi El Khomri avec en particulier la fin des 35 heures pour passer aux 37 heures, l’instauration d’un CDD à vie avec une variante pour Alain Juppé qui préfère un nouveau CDI qui inclurait des nouveaux motifs de licenciement pour le patron et évidemment une primauté du contrat sur la loi. Cela relève quasiment du permis de licencier sans justification.

Un autre point commun entre tous les candidats de droite et du centre est la diminution des droits syndicaux , pas de commission paritaire dans les TPE et évidemment les référendums d’entreprise peuvent passer au-dessus des négociations syndicales, drôle de vision du dialogue social !

Voici quelques éléments d’appréciation du programme des « républicains » pour les présidentielles sur quelques domaines, il seraient aussi intéressant de prendre le temps d’écrire sur d’autres domaines comme le logement où la loi SRU est passée au rouleau compresseur avec une primauté à la fameuse France des propriétaires et ne parlons pas de la vision sécuritaire de notre société en donnant de nouveau pouvoir au Maire qui pourrait devenir de nouveaux « shérifs ».

Pour conclure, une dernière remarque s’impose, la politique de la jeunesse ne représente pas une rubrique particulière, même dans la rubrique éducation, le projet parle essentiellement de mérite, d’élitisme, de formation des enseignants mais jamais de gratuité et du droit à l’éducation pour tous.

 

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gosse 07/11/2016 08:01

Cecile,combien tu as raison,mais est ce que nous avons pris la bonne décision,Dimanche?Très sincèrement je suis très sceptique tout en ayant conscience que Mélenchon ce n'est pas le PCF mais au bout il s'agit de notre Peuple et de notre Nation.
Bien à Toi.GOSSE j. Maiire de Bendejun

07/11/2016 10:40

Bonjour Joel,

Tout d'abord, ce n'est pas notre décision, c'est un vote consultatif des délégués présents à cette conférence nationale et il fat laisser tous les communistes se prononcer à la fin du mois. Et en effet, je suis d'accord avec toi, l'idée d'une candidature communiste rétractable ou pas ne me permet pas compatible avec l'idée de rassemblement de la Gauche et de reconstruction de la Gauche. C'est pour cela qu'il est important de débattre avec tous les communistes et toutes celles et ceux qui se posent des questions non pas en discréditant des partis, des responsables politiques mais en argumentant à partir de la réalité de la situation politique : le danger de la droite, la nécessité de reconstruire la gauche et la défiance en la politique d'une grande partie de la population.
Cécile Dumas