Compte-rendu du Conseil municipal du 17 décembre 2016

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Compte-rendu du Conseil municipal du 17 décembre 2016

Le Conseil municipal se réunit exceptionnellement 2 fois en 1 semaine : ce samedi 17 décembre et jeudi 22 décembre.

Le débat de ce samedi était consacré aux délégations de service public des ports Vauban et Gallice et au débat d'orientation budgétaire.

Il nous a été présenté le choix de la majorité de la Ville pour la gestion des ports d'Antibes et de Juan-les- Pins avec des propos grandiloquents du 1er adjoint sur la victoire de la France avec la CCI, Caisse d'Epargne et Caisse des Dépôts et Consignations par rapport à des très riches étrangers. Ce samedi matin était marqué par le patriotisme capitaliste vivement félicité par le Front National.

Je me suis abstenue sur ce choix.

Mon intervention :

Vous le savez, je préfère la gestion publique à la délégation de service public.

Je suis d’accord avec l’idée que la gestion des ports ne rapporte pas assez aux recettes de la ville surtout quand les installations reviennent à la ville. Je suis aussi d’accord avec l’idée que l’économie de grande plaisance est une réalité qui génère des emplois sur notre territoire même s’il serait judicieux d’observer sérieusement les types de contrat de travail.

Est-ce la délégation de service publique qui permet le meilleur rapport financier pour la ville ? J’ai toujours des doutes sur ce type de certitude émise à chaque délégation présentée au conseil municipal.

Alors certes on peut montrer une certaine satisfaction quand on nous dit que la redevance annuelle sera aux alentours de 16 millions d’euros avec les 2 ports. Mais quand on regarde la perspective de chiffre d’affaire du simple Port Vauban en 2021 pourrait être de 1,4 milliards d’euros. Du coup la redevance ne représente que 1% de ce chiffre, cela relativise le montant de la redevance au délégataire.

Permettez- moi aussi de relativiser ce montant quand on voit des imbroglios fiscaux à facturer des emplacements pour bateau de société off-shore de différents paradis fiscaux ? N’y a-t-il à mettre un peu d’éthique dans tout cela ?

Bon certes, vous avez pris soin d’inclure dans votre négociation des critères qui vont dans le bon sens :

  • Le développement durable, ce qui peut parfois paraître comme une gageure pour ce type de bateau aussi dévoreur d’énergie pour rester bien souvent à quai.
  • Le port comme vecteur de développement de l’économie, en particulier de la vieille ville, va aussi dans le bon sens. Pourquoi ne pas demander aux gestionnaires choisis une étude pour quantifier les retombées économiques et assurer le suivi et l’évolution de ces retombées.
  • La gestion sociale, dans le respect absolu des règles, me semble être avant tout des écrits quand on sait, par exemple, que le droit du travail sur les bateaux est régi par le pays où le bateau bat pavillon.

Je peux aussi concéder facilement que le choix que vous nous proposer est sans aucun doute le plus intéressant avec des opérateurs à caractère public. Mais il me semble utile de créer un organisme qui permette l’échange et le dialogue entre les élus et le gestionnaire. Gérer un équipement aussi important appartenant à la ville doit être suivi de près et régulièrement.

Une dernière remarque, le projet d’extension de la digue principale couplé à un ponton permet un agrandissement qui enferme sérieusement le fort carré. Je ne suis pas favorable à cet agrandissement et ce n’est pas la peine d’y mettre des jardins partagés pour faire avaler ce projet d’agrandissement, c’est en effet plein d’humour mais cela ne cachera pas le seul intérêt financier pour le délégataire d’agrandir le port sans aucune étude environnemental.

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Au sujet du Débat d'Orientation Budgétaire, Jean Leonetti nous explique sa volonté de passer une année sans emprunt, nous annonce aussi une facilité après la première délibération de négocier les remboursements des prêts auprès de la Caisse d'Epargne et de la CDC. Il nous explique ses 2 priorités pour cette année : la sécurité (devant les écoles et avec une nouvelle vague de 60 caméras) et d'accélérer les travaux routier et de voiries; Il précise que 2017 doit être une année de prudence budgétaire car personne ne sait le rapport que l'Etat va entretenir avec les collectivités locales car 2017 va définir une nouvelle majorité et un nouveau président de la république.

Le FN tient un discours délirant sur le palais des congrès. Apparemment pour eux, le seul soucis politique d'Antibes est la galerie commerçante du palais des congrès. Le reste et surtout la population n'intéressent par le FN et avoue qu'il accepte volontiers l'économie libéral et capitaliste. Pour eux, les seuls fonctionnaires à sauver de l'austérité sont les policiers municipaux.

Le PS ne propose rien et se plaint du document proposé. Le maire lui répond qu'elle aurait pu travaillé un peu plus sérieusement ses dossiers.

J'ai pour ma part une écoute attentive de mon intervention mais n'ai pas obtenu que Le Maire parle de la jeunesse d'Antibes. Il répond à mes propositions en disant qu'ils ont distribué 900 colis aux personnes âgées et que tout le monde peut accéder à la culture et aux sports dans notre ville. Par exemple, le spectacle de noël gratuit. Il conclut sa réponse par une vérité qu'il ne voit pas la ville comme moi et par son attachement aux services publics. Il va avoir du mal à voter Fillon qui continue ses annonces de suppression de 500000 fonctionnaires !

Mon intervention sur le DOB

J’ai lu le document avec beaucoup d’attention sur la situation économique. Il est construit de la même manière que d’habitude. Faire « pleurer » sur la situation économique que le gouvernement socialiste a été incapable d’améliorer et conclure sur un acte volontariste du Maire d’Antibes « ne pas augmenter la pression fiscale ».

Creusons un peu ces vérités assénées régulièrement dans les conseils municipaux.

Oui la situation économique des communes n’est pas satisfaisante et même particulièrement attaquée par le gouvernement Hollande-Valls qui continue à diminuer les dotations de l’Etat même si la baisse est moins importante que celle qui était annoncée. Non, je ne sous-entends pas que cela est dû à la proximité d’échéances électorales …Ce n’est qu’une constatation !

Mais ce qui est beaucoup moins expliqué ou du moins beaucoup moins contesté dans votre document et qui est pour moi le plus insupportable dans cette politique de l’Etat, c’est que ces baisses de dotation sont aussi faites pour permettre de payer le pacte de responsabilité qui a montré toute son incapacité à réduire le chômage.

Ce sont en effet près de 40 milliards d’argent public qui sont allés aux entreprises pour créer ou plutôt sauvegarder guère plus de 120 000 emplois en France. Et quand est-ce que quelqu’un osera chiffrer l’incidence sur l’emploi public et privé des baisses de participation de l’Etat aux collectivités locales engagées depuis 2010 ? Le problème est bien que les recettes fiscales sont maintenant avant tout faites sur le dos des familles plutôt que les entreprises. La fiscalité a perdu sa définition de partage des richesses.

Un autre chiffre que l’on ne trouve pas dans le document, ni dans les interventions des responsables politiques LR, FN ou PS mais que l’on voit de plus en plus souvent dans la presse et en particulier dans le livre des frères Bocquet « Sans domicile Fisc » : le coût de l’évasion fiscale ! Ce coût serait de plus de 60 à 80 milliards pour la France et de plus de 1000 milliards pour l’Europe.

Alors avec ces chiffres, je conteste une nouvelle fois la fable que l’on veut nous raconter :

  • Que les dépenses publiques doivent être continuellement réduites car elles ne représentent qu’un coût pour la société.

Non, la fonction publique, les services publics, les dépenses publiques créent des richesses considérables et sont les éléments essentiels de la lutte contre les inégalités. D’ailleurs, à ce sujet, une enquête du 10 décembre 2016 publiée dans les échos nous explique que pour plus de 80% des français la baisse des dépenses publiques n’est pas acceptable.

Antibes a des atouts considérables pour répondre à cette exigence de lutte contre les inégalités.

  • Des recettes fiscales qui continuent d’augmenter à cause de l’augmentation mécanique des bases. On ne peut pas faire comme si cela ne pesait pas sur le budget des familles surtout dans une ville où le coût lié à l’habitat est considérable.
  • Des recettes fiscales nouvelles dues à la majoration de 20% de la TH pour les résidences secondaires
  • Des redevances des casinos qui restent stables à moins que le casino de Juan-Les Pins faiblissent dans un nouvel emplacement moins bien accepté
  • Une nouvelle entrée d’argent avec les ports
  • Une communauté d’agglomération la CASA qui continue à avoir aussi des recettes fiscales importantes…

Pour moi, les priorités de ce budget devraient être l’éducation, l’accès aux sports et à la culture pour tous, une attention toute particulière à la jeunesse (16 – 25 ans). Le droit au logement pour tous bien sûr et l’indispensable développement des transports en commun.

J’ai voté pour la construction d’un nouveau conservatoire, je trouve cela très bien et Antibes en a les moyens mais en revanche, de quel espace dispose les jeunes qui s’intéressent à des expressions un peu plus libres, un peu moins classiques que ce que proposent le conservatoire, un peu plus musiques urbaines ?

De quel espace de réunion, de rencontres, de jeux, d’animation disposent les jeunes de de 16 – 25 ans ?

Nous savons bien que la majorité de ces jeunes ne peut pas se loger à Antibes à un prix décent alors il faut leur permettre de se rencontrer et de s’aider en leur proposant par exemple un espace jeunesse du 21ème siècle ?

Il y a sans aucun doute besoin de redynamiser le Vieil Antibes mais votre réflexion parfois s’arrête à l’idée de commerce. N’y aurait-il pas  une réflexion à avoir pour l’installation d’espace de co-working en cœur de ville ?

Pour conclure, je reviens sur la fragilité climatique de notre territoire. Nous le savons tous, l’éducation aux risques et le coloriage en zone rouge ne peut pas satisfaire la population alors qu’il existe des projets fous de construction de routes et de surfaces commerciales en amont des affluents de la Brague. Il faut travailler à autre chose que le déploiement de surfaces commerciales dévoreuses de superficie de terrain naturel. De plus il me semble qu’il serait bon de faire des études économiques sérieuses sur l’intérêt d’implanter sans arrête des commerces quand on cannait les difficultés de la toute récente grande surface du chemin de St Bernard.

Tout comme, je reste convaincue de la nécessité de travailler à une nouvelle dynamique du tourisme populaire et familiale plutôt que le seul tourisme de luxe et pour cela, il faut clairement travailler à la préservation de possibilités de campings sur notre territoire

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