Lettre à notre Député sur la Réforme SNCF

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Mais où sont les élus de la droite sur la question ferroviaire ? Que pensent-ils de la Réforme SNCF ?

Cécile Dumas propose de débattre dans une lettre envoyée le lundi 16 avril 2018 au député de la 7ème circonscription, M. Pauget. 

Voici la lettre. 

Monsieur Le Député, 

 

En ce moment à l’Assemblée Nationale est débattue, entre autres, la loi sur la réforme SNCF d’une manière marquée par la volonté autoritaire du gouvernement Macron–Philippe car soumise aux ordonnances.

 

Cette loi est largement contestée par une partie de la population et une grande majorité des cheminots qui sont engagés dans un très fort mouvement social. J’ai rencontré et débattu avec des cheminots de Nice, d’Antibes sur le fond de la réforme et sur l’absence de volonté du gouvernement d’une concertation constructive.

 

Comme souvent, les mots « privatisation »,  « libéralisation », « ouverture à la concurrence » sont lancés comme des postulats, comme des faits indispensables à un meilleur service. Ces postulats sont totalement démentis par les services ferroviaires britanniques et allemands, tout comme l’ouverture à la concurrence du fret qui a tout simplement mis des milliers de camions en plus sur la route. Ce qui est totalement irresponsable au niveau écologique mais qui sans aucun doute, satisfait les intérêts de Vinci, gestionnaires des autoroutes. Ils sont aussi démentis par l’ouverture à la concurrence de l’énergie qui a permis simplement d’augmenter les tarifs du Gaz et de l’Electricité et de rendre les services de plus en plus éloignés de la population.

 

De la même manière, le statut des cheminots est avancé comme un argument pour justifier la dette de l’entreprise. Cet argument fallacieux est irrecevable, en revanche, parlons des 2,7 milliards de frais financier payés tous les ans, payés aux banques.

 

Localement, suite à une discussion intense avec des cheminots d’Antibes, on s’interroge sur ce que va devenir le service et l’accueil des usagers dans les gares de la CASA. Ce sont de nouveau des emplois menacés sur le territoire de la CASA. Nous savons bien que les gares de Villeneuve-Loubet, de Biot, de Juan-les-Pins, de Golfe-Juan sont essentielles dans les trajets quotidiens et les présences humaines dans ces gares sont un élément essentiel à la sécurité, à l’information, au vrai service public.

 

De plus, on peut facilement s’interroger sur le fait que dans peu de temps, avec cette réforme dédiée simplement à la rentabilité et non pas au service public, les usagers du TGV, du OUIGO, ne voient que les trains passés à Antibes sans s’arrêter. Il est évident que ce serait un nouveau coup dur à l’économie touristique de la ville d’Antibes et de la CASA plus largement.

 

Notre département a déjà subi de graves suppressions de train grande ligne, et notre département ne doit pas se laisser enclaver par manque d’investissement de l’Etat et de la SNCF.

Notre pays a les moyens d’avoir un grand service public ferroviaire, 100% public, 100% au service de la population avec du personnel, qualifié, en nombre et bien rémunéré. Et c’est pour cela que le Parti Communiste Français soutient pleinement la lutte actuelle des cheminots

 

Ce rapide exposé pour vous demander votre position sur cette réforme. Cette casse annoncée d’un grand service public indispensable à la vie économique, écologique de notre pays mérite débats, arguments, contradictions, concertations et pas seulement à l’Assemblée mais aussi dans les territoires. Le droit à la mobilité ne doit pas devenir un privilège de quelques-uns au nom d’une quelconque rentabilité et seul le service public est en capacité de répondre à l’égalité des droits et des territoires.

 

Dans l'attente de votre réponse, veuillez accepter, Monsieur Le Député, mes plus respectueuses salutations.

 

J'espère avoir une réponse rapide !

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