Lettre adressée à M. le Préfet

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Je rends public la lettre écrite et envoyée aujourd'hui à M. le Préfet des Alpes Maritimes concernant les risques d'inondations dans notre département. Il est urgent, après les événements du département de l'Aude, de ce pencher sur cette problématique pour ne pas revivre les inondations d'octobre 2015. 

Monsieur le Préfet,

            La dernière catastrophe climatique qui a touché lourdement le département de l’Aude a réveillé les peurs et les tristes souvenirs des habitants de Biot, Antibes, Vallauris, Cannes et Mandelieu.

Aujourd’hui, les scientifiques expliquent que les données historiques qui prévalaient pour les crues centennales sont devenues obsolètes. L’intensification des pluies accompagne le réchauffement climatique, en cinquante ans les pluies intenses ont augmenté de 20% (plus de 200mm d’eau en l’espace de 24 heures). Les causes sont aggravées par l’urbanisation et l’imperméabilisation des sols, sont principalement ciblés les grandes surfaces et leurs parkings particulièrement gourmands de surface au sol.

Les élus de la Communauté d’Agglomération de Sophia-Antipolis (CASA) semblent tenir compte de la situation puisqu’ils annoncent des réductions des surfaces constructibles sur plusieurs projets, à savoir :

  • Les Clausonnes : 90 000 m² au lieu de 96 000m²
  • Le Fugueiret : 30 000m² au lieu de 150 000m²
  • Les Trois Moulins : 40 000m² au lieu de 150 000m²

Manque-t-il à ce point de centre commerciaux ou de bureaux dans les Alpes Maritimes ?

Nous pouvons lister le doublement de Cap 3000, de Carrefour-Antibes, du Polygone Riviera, de la zone IKEA, etc. Sur une zone de 5km², nous dénombrons deux Leclerc, plusieurs Carrefour Market, Décathlon, Castorama, Leroy Merlin, et, de plus, deux zones commerciales vont ouvrir face à Darty et Renault. Plus de 30 000m² de bureaux ne sont pas loués car en friche à Sophia Antipolis et plusieurs chantiers abandonnés !

La prudence voudrait que soit instauré un moratoire en attente de nouvelles enquêtes publiques et en particulier hydraulique car ces projets sont dans le périmètre du bassin versant de la Brague et de ses affluents. C’est là que la catastrophe du 3 Octobre 2015 a trouvé son origine. Ces projets continuent d’ignorer la dangerosité des vallons enterrés sous ce béton.

La règle démocratique voudrait que les modifications importantes des projets obligent à reprendre les procédures obligatoires et la concertation publique. Je me permets de vous rappeler que les communes de Mougins et de Valbonne – Sophia Antipolis sont toujours dépourvues de Plan de Prévention des Risques d’Inondations (PPRI) alors que c’est une obligation depuis 1987 !

Le principe de précaution doit primer sur la fameuse « culture du risque » dont on constate les résultats.

Comment accepter que ces monstres de béton sortent de terre alors qu’aucun moyen de transports collectifs efficaces ne soit réalisé ? Le président de la CASA, Jean LEONETTI, annonce le Bus à Haut Niveau de Service (BHNS) pour 2023. Tous les secteurs des Hauts d’Antibes, de Sophia Antipolis, de Saint Bernard et de l’autoroute sont bloqués des heures durant chaque jour. Ce retard au sujet d’une vraie politique de transport en commun (services et tarifs) est un handicap considérable au développement économique de notre Ville mais aussi une cause terrible de l’émission de pollution. Le rapport du GIEC, paru il y a quelques semaines, nous invite à plus d’attention écologique dans l’activité humaine.

Ce ne sera pas une énième augmentation des taxes sur le carburant ou la limitation à 90km/h entre Cagnes sur Mer et St Laurent du Var qui vont répondre à l’urgence.

D’ailleurs, au sujet de l’autoroute, ses responsabilités dans la catastrophe du 3 Octobre 2015 sont avérées, avec les buses sous dimensionnées pour canaliser La Brague et l’imperméabilisation des sols de cet équipement, en particulier l’échangeur d’Antibes construit sans bassin de rétention.

Qu’en est-il des décisions de travaux ?

 

Dans l’attente de votre réponse, veuillez agréer, Monsieur le Préfet, mes sincères salutations.

 

Cécile DUMAS

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