Un débat sur l'immigration.... Pour quoi faire ?

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Un débat sur l'immigration.... Pour quoi faire ?

 

Durant une séance où les bancs étaient plutôt clairsemés, le 1er ministre a ouvert le débat. La majorité avait prétendu qu’il n’y avait pas de tabous et qu’il fallait marcher sur les 2 jambes de « l’humanité » et de « la fermeté ». Edouard Philippe était accompagné par 3 autres ministres (Affaires étrangères, intérieur et santé et solidarité) pour ce débat et soi-disant ouvrir des principes.

 

Ainsi, le 1er ministre a voulu insister sur 6 principes en insistant en particulier sur l’aide publique au développement. Il lance avec enthousiasme sa première annonce de passer de 0,3% à 0,55% du PIB pour l’aide au développement. C’était une promesse électorale de Macron. Et il faut rappeler que l’ONU demande à chaque pays développé de consacrer au moins 0,7% de son PIB au développement des pays pauvres.

Au-delà du fait que la France sera encore en dehors de la demande de l’ONU, Le ministre des affaires étrangères expliquent qu’il souhaite que l’aide au développement public soit conditionné aux enjeux migratoires. En gros, la France veut faire un « chantage » du type, on vous donne une aide au développement mais vous autorisez le retour de « vos migrants » et vous contrôlez les départs. C’est galvaudé la définition de l’aide publique de développement qui est faite pour lutter contre la pauvreté et contre les inégalités mais pas pour contrôler les déplacements des populations.

 

Le reste des principes est basé sur les schémas de la fermeté en oubliant largement l’humanité et le droit à la mobilité : « durcissement des conditions pour les demandeurs d’asile », « renforcer les procédures d’éloignement », « durcir les conditions d’obtention de l’AME  et de la CMU-C » et en plus aucun principe d’effort budgétaire pour l’accueil des mineurs non accompagnés, aucune annonce d’effort d’hébergement et de proposition d’accueil digne pour les personnes à la rue, aucun rappel du principe de l’hébergement inconditionnel des personnes vulnérables. … En revanche, un principe de choix des personnes pouvant être accueillies avec les visas pour accueillir les talents et des étudiants. Les ministres ont sûrement oublié le fait qu’ils aient augmenté d’une manière folle les frais d’inscription pour les étudiants étrangers !

 

Ce débat avait bien pour but d’agiter les pires pensées de la droite réactionnaire comme Ciotti et Larrivé et du RN plutôt que de réfléchir à une nouvelle approche des questions migratoires.

 

Durant cette séance, Elsa Fausillon et Stéphane Peu, les 2 députés communistes qui se sont exprimés 5 minutes chacun ont eu le temps de demander un acte de régularisation des travailleurs sans papiers, des solutions d’urgence pour les personnes qui vivent à la rue. Ils ont aussi rappelé qu’il fallait en finir avec le mythe de « l’appel d’air » …. Un peu de concret et de demande positive dans ce débat !

 

Et tous ces discours se passaient au moment où les sauveteurs tentaient de recueillir de nouveaux naufragés proche de Lampedusa où plus de 13 femmes sont mortes en Méditerranée…..

 

 

 

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